Nombres · 4 affiches · formule n° 61
L’algorithme d’Euclide
L’algorithme d’Euclide calcule le plus grand diviseur commun de deux entiers par une suite de divisions euclidiennes. Il repose sur une seule égalité : le PGCD de a et b est aussi celui de b et du reste de la division de a par b.
Quatre styles
Les affiches
La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.
Ce que dit la formule
Pour tous entiers naturels et avec :
- : le plus grand commun diviseur de et , c’est-à-dire le plus grand entier qui divise à la fois et .
- : le reste de la division euclidienne de par . C’est l’unique entier tel que avec entier et ; est le quotient.
- La condition est indispensable : on ne divise pas par zéro.
L’algorithme. On remplace le couple par , puis on recommence. Le reste diminue strictement à chaque étape, donc il finit par valoir . On s’arrête alors grâce à la règle (tout entier divise ) : le PGCD est le dernier reste non nul.
Si , la première division donne et : l’algorithme commence simplement par échanger les deux nombres.
Un exemple
Calculer , l’exemple classique de l’article de Wikipédia en anglais.
- : le reste est 147, donc .
- : .
- : le reste est nul, donc .
Le PGCD vaut 21. Vérification : et , et 51 et 22 n’ont aucun diviseur commun autre que 1. On en déduit la fraction irréductible .
En remontant les calculs (algorithme d’Euclide étendu), on écrit le PGCD comme combinaison des deux nombres : . En effet et . C’est l’identité de Bézout, utile pour résoudre les équations en nombres entiers.
Pourquoi c’est vrai
Écrivons . Si un entier divise et , il divise ; il divise donc et . Inversement, si divise et , il divise ; il divise donc et . Les couples et ont ainsi exactement les mêmes diviseurs communs, donc le même plus grand diviseur commun.
L’algorithme s’arrête toujours, car les restes forment une suite d’entiers positifs strictement décroissante : . Une telle suite ne peut pas descendre indéfiniment, elle atteint en au plus étapes. En réalité, il en faut beaucoup moins : Gabriel Lamé a démontré en 1844 que le nombre de divisions ne dépasse jamais cinq fois le nombre de chiffres du plus petit des deux nombres. Le cas le plus lent est celui de deux termes consécutifs de la suite de Fibonacci, où tous les quotients valent 1 sauf le dernier : demande 9 divisions pour aboutir à 1.
Les programmes de l’atelier vérifient l’égalité en comparant les listes complètes de diviseurs communs de et de sur 3 000 couples, comparent le résultat de l’algorithme au plus grand diviseur commun cherché un par un sur 20 000 couples, contrôlent l’identité de Bézout sur 2 000 couples d’entiers de 60 chiffres au plus, et la borne de Lamé sur 100 000 couples d’entiers jusqu’à un milliard.
Un peu d’histoire
L’algorithme figure dans les Éléments d’Euclide, vers 300 avant notre ère : au livre VII, propositions 1 et 2, pour les nombres entiers, et au livre X, propositions 2 et 3, pour les longueurs. Euclide le présente par soustractions successives : on retire le plus petit nombre du plus grand tant que c’est possible, ce qui revient à une division euclidienne. Il n’en est probablement pas l’inventeur ; les historiens pensent qu’il était connu avant lui, peut-être d’Eudoxe de Cnide.
Il a été redécouvert ailleurs : en Inde, Aryabhata le décrit à la fin du Ve siècle pour résoudre des équations en nombres entiers, sous le nom de « pulvérisateur ». En Europe, Claude-Gaspard Bachet de Méziriac le présente sous forme numérique dans la seconde édition de ses Problèmes plaisants et délectables (1624). L’analyse de sa rapidité par Lamé, en 1844, est souvent citée comme l’un des premiers résultats de la théorie de la complexité des algorithmes. Il est encore utilisé chaque jour, par exemple en cryptographie, et il est souvent présenté comme l’un des plus anciens algorithmes toujours en usage.
Ce que montre l’affiche
Le dessin est la version géométrique de l’algorithme : un rectangle de est rempli de carrés aussi grands que possible. On y place d’abord 2 carrés de côté 462, puis, dans la bande restante, 3 carrés de côté 147, puis 7 carrés de côté 21 qui remplissent exactement le dernier morceau. Les nombres de carrés sont les quotients 2, 3 et 7, et le côté des plus petits carrés est le PGCD, 21 ; sous le rectangle, les trois divisions sont écrites, chacune précédée d’un carré de la couleur de son étape. Le pavage est calculé par le programme de l’atelier, et l’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.
Pour aller plus loin
- Les nombres premiers : deux entiers sont premiers entre eux quand leur PGCD vaut 1.
- La suite de Fibonacci, qui donne le cas le plus lent de l’algorithme.
- Le nombre d’or, lié aux quotients tous égaux à 1 des nombres de Fibonacci.
- L’équation du second degré, autre méthode de résolution très ancienne.
Sources : Algorithme d’Euclide (Wikipédia) (nouvel onglet), Euclidean algorithm (Wikipedia) (nouvel onglet), Euclidean Algorithm (MathWorld) (nouvel onglet), Euclide, Éléments, livre VII, proposition 2 (D. E. Joyce, Clark University) (nouvel onglet), Lamé’s theorem (Wikipedia) (nouvel onglet).
Vérifiée par le calcul
Les contrôles de cette formule
Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode
- le résultat de l’algorithme est le plus grand diviseur commun, cherché un par un (20 000 couples jusqu’à 3 000)
- (a, b) et (b, a mod b) ont les mêmes diviseurs communs (3 000 couples, liste complète des diviseurs)
- 2 000 couples de grands entiers (jusqu’à 60 chiffres) : d divise a et b, a/d et b/d sont premiers entre eux, et ua + vb = d (Bézout)
- 100 000 couples jusqu’à 10⁹ : chaque reste est plus petit que le diviseur, et le nombre de divisions ne dépasse jamais 5 fois le nombre de chiffres du plus petit (Lamé, 1844)rapport maximal observé 3.50
- pire cas : pgcd(F(n+1), F(n)) = 1 en n − 1 divisions (Fibonacci, n = 3 à 50), quotients tous égaux à 1 sauf le dernier
- exemple : 1071 = 2 × 462 + 147 ; 462 = 3 × 147 + 21 ; 147 = 7 × 21 + 0 → pgcd = 21
- dessin : 12 carrés (2 + 3 + 7, les quotients) d’aire totale 1071 × 462 ; le plus petit a pour côté 21
- b ≠ 0 indispensable : a mod 0 n’est pas défini (d’où l’arrêt sur pgcd(a, 0) = a)
- le reste, pas le quotient : pgcd(462, 2) = 2 ≠ 21
Sources
Questions fréquentes
Comment calculer un PGCD avec l’algorithme d’Euclide ?
On divise le plus grand nombre par le plus petit, puis on recommence avec le diviseur et le reste, jusqu’à obtenir un reste nul. Le PGCD est le dernier reste non nul : pour 1071 et 462, on trouve 21.
Que vaut le PGCD de a et 0 ?
Pour , , car tout entier divise 0. C’est ce qui arrête l’algorithme ; le cas est laissé de côté ou fixé à 0 par convention.
À quoi sert l’algorithme d’Euclide ?
À simplifier des fractions, à savoir si deux nombres sont premiers entre eux et, dans sa version étendue, à trouver des entiers et tels que , ce qu’on utilise notamment en cryptographie.
Quelle différence entre la méthode par soustractions et celle par divisions ?
Euclide soustrayait le plus petit nombre du plus grand, autant de fois que nécessaire ; une division euclidienne fait d’un coup toutes ces soustractions. Le résultat est le même, mais la version par divisions est beaucoup plus rapide.
L’algorithme d’Euclide est-il rapide ?
Oui : d’après le théorème de Lamé (1844), le nombre de divisions ne dépasse jamais cinq fois le nombre de chiffres du plus petit nombre. Pour deux nombres de 9 chiffres, il faut donc au plus 45 divisions.



