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Physique · 4 affiches · formule n° 80

La loi de Snell-Descartes

Quand la lumière passe d’un milieu transparent à un autre, de l’air à l’eau par exemple, elle change de direction. La loi de Snell-Descartes relie l’angle d’arrivée et l’angle de départ aux indices de réfraction des deux milieux.

Voir les 4 affiches 12 contrôles par le calcul

Réfraction entre deux milieux d’indices n1n_1 et n2n_2 ; les angles sont mesurés par rapport à la normale à la surface. Dessin : des rayons partis d’un point sous l’eau (n1=1,333n_1 = 1{,}333) vers l’air (n2≈1n_2 \approx 1) ; au-delà de l’angle limite, environ 48,6∘48{,}6^\circ (en pointillé), ils sont totalement réfléchis.

Quatre styles

Les affiches

La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.

Ce que dit la formule

Un rayon lumineux arrive, dans un milieu d’indice n1n_1, sur la surface qui le sépare d’un milieu d’indice n2n_2. Une partie de la lumière traverse la surface : c’est le rayon réfracté. Les angles des deux rayons vérifient

n1sin⁡θ1=n2sin⁡θ2n_1 \sin\theta_1 = n_2 \sin\theta_2
  • n1n_1 et n2n_2 : les indices de réfraction des deux milieux, sans unité. L’indice d’un milieu est n=c/vn = c/v, où cc est la vitesse de la lumière dans le vide et vv sa vitesse dans le milieu : environ 1 pour l’air (1,000 3), 1,333 pour l’eau, 1,5 pour un verre courant, 2,42 pour le diamant.
  • θ1\theta_1 : l’angle d’incidence, entre le rayon qui arrive et la normale à la surface (la droite perpendiculaire à la surface au point d’arrivée).
  • θ2\theta_2 : l’angle de réfraction, entre le rayon réfracté et la normale.

Les angles se mesurent depuis la normale, pas depuis la surface. C’est la source d’erreur la plus fréquente : avec les angles comptés depuis la surface, il faudrait des cosinus à la place des sinus.

Les conditions. La loi vaut pour des milieux transparents, homogènes et isotropes (le verre, l’eau, l’air au repos, mais pas un cristal comme le spath d’Islande, qui dédouble les rayons), et pour une surface plane, ou assez peu courbée pour paraître plane à l’échelle du rayon. L’indice dépend de la couleur de la lumière ; les valeurs ci-dessus sont données pour la lumière jaune, vers 589 nm. La même loi, avec les vitesses des ondes, vaut pour le son et les ondes à la surface de l’eau.

Les autres lois de Descartes. Le rayon réfracté reste dans le plan formé par le rayon incident et la normale, de l’autre côté de la normale. Une partie de la lumière est aussi réfléchie, avec un angle de réflexion égal à l’angle d’incidence.

L’angle limite. Si la lumière passe dans un milieu moins réfringent (n1>n2n_1 > n_2, de l’eau vers l’air), elle s’écarte de la normale. Au-delà de l’angle limite θc\theta_c, défini par sin⁡θc=n2/n1\sin\theta_c = n_2/n_1, il faudrait sin⁡θ2>1\sin\theta_2 > 1 : aucun rayon réfracté n’existe, toute la lumière est réfléchie. C’est la réflexion totale, qui guide la lumière dans les fibres optiques.

Un exemple

De l’air vers l’eau. Un rayon arrive sur l’eau sous un angle de 30∘30^\circ avec la normale. Avec n1=1n_1 = 1 et n2=1,333n_2 = 1{,}333 :

sin⁡θ2=1×sin⁡30∘1,333=0,51,333≈0,37509,θ2≈22,03∘.\sin\theta_2 = \frac{1 \times \sin 30^\circ}{1{,}333} = \frac{0{,}5}{1{,}333} \approx 0{,}375\,09, \qquad \theta_2 \approx 22{,}03^\circ.

Le rayon se rapproche de la normale : c’est pour cela qu’un bâton plongé dans l’eau paraît brisé à la surface.

De l’eau vers l’air. L’angle limite vaut θc=arcsin⁡(1/1,333)≈48,6∘\theta_c = \arcsin(1/1{,}333) \approx 48{,}6^\circ. Un plongeur qui regarde vers le haut voit donc tout le ciel rassemblé dans un cône d’environ 97,2∘97{,}2^\circ d’ouverture (deux fois l’angle limite), appelé fenêtre de Snell ; au-delà, la surface est un miroir. Pour un verre d’indice 1,5, l’angle limite vaut environ 41,8∘41{,}8^\circ, et pour le diamant (n≈2,42n \approx 2{,}42) environ 24,4∘24{,}4^\circ.

Pourquoi c’est vrai

La démonstration la plus courte vient du principe de Fermat : la lumière suit, entre deux points, un chemin dont la durée est minimale (plus exactement stationnaire).

Plaçons la surface sur l’axe horizontal, un point AA dans le milieu 1 à la hauteur aa, un point BB dans le milieu 2 à la profondeur bb, séparés horizontalement par la distance dd. Le rayon traverse la surface au point II, à l’abscisse xx. Il parcourt AI=a2+x2AI = \sqrt{a^2 + x^2} à la vitesse c/n1c/n_1, puis IB=b2+(d−x)2IB = \sqrt{b^2 + (d - x)^2} à la vitesse c/n2c/n_2. La durée du trajet est

t(x)=n1a2+x2+n2b2+(d−x)2c.t(x) = \frac{n_1 \sqrt{a^2 + x^2} + n_2 \sqrt{b^2 + (d - x)^2}}{c}.

Au minimum, la dérivée s’annule :

t′(x)=1c(n1xa2+x2−n2d−xb2+(d−x)2)=0.t'(x) = \frac{1}{c}\left(n_1\, \frac{x}{\sqrt{a^2 + x^2}} - n_2\, \frac{d - x}{\sqrt{b^2 + (d - x)^2}}\right) = 0.

Or xa2+x2=sin⁡θ1\frac{x}{\sqrt{a^2 + x^2}} = \sin\theta_1 et d−xb2+(d−x)2=sin⁡θ2\frac{d - x}{\sqrt{b^2 + (d - x)^2}} = \sin\theta_2 : c’est exactement n1sin⁡θ1=n2sin⁡θ2n_1 \sin\theta_1 = n_2 \sin\theta_2. Les programmes de l’atelier ont refait ce calcul sans utiliser la loi : ils cherchent, pour 2 000 couples de points tirés au hasard, le chemin le plus rapide, et constatent qu’il vérifie la loi.

Une autre démonstration, due à Huygens, repose sur les ondes : quand un front d’onde arrive en biais sur la surface, la partie déjà entrée dans le milieu le plus lent prend du retard, et le front tourne.

Un peu d’histoire

Selon Wikipedia, Ptolémée avait déjà mesuré des angles de réfraction, mais la relation qu’il en tirait n’était juste que pour les petits angles. La loi exacte apparaît pour la première fois chez Ibn Sahl, mathématicien à la cour de Bagdad, dans un traité sur les miroirs et les lentilles ardentes écrit vers 984. Elle est retrouvée par l’Anglais Thomas Harriot en 1602, qui ne la publie pas, puis par le Néerlandais Willebrord Snell (Snellius) en 1621, sans publication de son vivant non plus. René Descartes la publie en 1637 dans La Dioptrique, d’où le nom de loi de Snell-Descartes en France (et de loi de Snell dans les pays anglophones). Pierre de Fermat, qui rejetait le raisonnement de Descartes, la retrouve à partir de son principe du temps minimal ; Christiaan Huygens l’explique par les ondes dans son Traité de la lumière, publié en 1690.

Ce que montre l’affiche

Le dessin montre des rayons lumineux qui partent d’un point placé sous l’eau (n1=1,333n_1 = 1{,}333), tous les 5∘5^\circ, vers la surface et l’air (n2≈1n_2 \approx 1). Pour chaque rayon, le programme calcule l’angle de réfraction avec la loi : les rayons proches de la verticale traversent la surface en s’écartant de la normale (la verticale en tirets), d’autant plus qu’ils arrivent en biais. Les deux rayons en pointillé arrivent exactement sous l’angle limite, environ 48,6∘48{,}6^\circ, et ressortent en rasant la surface ; tous ceux qui arrivent plus en biais sont totalement réfléchis vers le fond. Le dessin est calculé par des programmes écrits pour l’atelier, à partir de la formule elle-même ; l’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.

Pour aller plus loin

Sources : Lois de Snell-Descartes (Wikipédia) (nouvel onglet), Snell’s law (Wikipedia) (nouvel onglet), Total internal reflection (Wikipedia) (nouvel onglet), Snell’s law (Encyclopædia Britannica) (nouvel onglet), Refractive index (Wikipedia) (nouvel onglet), Ibn Sahl (Wikipedia) (nouvel onglet).

Vérifiée par le calcul

Les contrôles de cette formule

Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode

  • dimensions : n = c/v est sans dimension[0,0,0,0,0] contre [0,0,0,0,0] (m, kg, s, A, K)
  • principe de Fermat (2 000 tirages) : le chemin le plus rapide vérifie n₁ sin θ₁ = n₂ sin θ₂(précision de la recherche par section dorée ≈ 10⁻⁸ sur x) écart maximal 1.24e-7
  • contre-exemple : avec des angles mesurés depuis la surface, la relation en sinus est fausseécart 2.157
  • angle limite eau → air (n = 1,333) : 48,6° (Wikipedia)obtenu 48.60662639169028, attendu 48.6, écart 1.36e-4 (tolérance 0.001)
  • angle limite verre → air (n = 1,50) : 41,8°obtenu 41.810314895778596, attendu 41.8, écart 2.47e-4 (tolérance 0.001)
  • air → eau, incidence 30° : sin θ₂ = 0,5/1,333, θ₂ = 22,030 1°obtenu 22.030108725578987, attendu 22.0301087, écart 1.16e-9 (tolérance 1e-8)
  • principe du retour inverse : le rayon refait le même chemin en sens contraireécart 4.22e-15
  • n₁ = n₂ : pas de déviation
  • incidence normale (θ₁ = 0) : θ₂ = 0
  • au-delà de l’angle limite (eau → air, 50°) : n₁ sin θ₁/n₂ > 1, pas de rayon réfracté
  • ondes : la composante du vecteur d’onde le long de la surface se conserveobtenu 7109920.216019004, attendu 7109920.216019005, écart 1.31e-16 (tolérance 1e-14)
  • dessin : 19 rayons réfractés (de −45° à 45°), 16 totalement réfléchis19 réfractés

Sources

Questions fréquentes

Quelle est la formule de la loi de Snell-Descartes ?

n1 sin θ1 = n2 sin θ2, où n1 et n2 sont les indices de réfraction des deux milieux et θ1, θ2 les angles des rayons incident et réfracté, mesurés par rapport à la normale à la surface.

Les angles se mesurent-ils par rapport à la surface ou à la normale ?

Par rapport à la normale, la droite perpendiculaire à la surface au point d’arrivée du rayon. Avec des angles mesurés depuis la surface, la formule avec des sinus serait fausse.

Qu’est-ce que l’angle limite ?

C’est l’angle d’incidence au-delà duquel la lumière qui passe dans un milieu moins réfringent ne peut plus en sortir : sin θc = n2/n1. De l’eau vers l’air, il vaut environ 48,6°.

Qu’est-ce que la réflexion totale ?

Au-delà de l’angle limite, il n’y a plus de rayon réfracté : toute la lumière est réfléchie. C’est ce phénomène qui guide la lumière dans les fibres optiques.

Pourquoi dit-on Snell-Descartes ?

Willebrord Snell a trouvé la loi en 1621 sans la publier, et René Descartes l’a publiée en 1637 dans La Dioptrique. Elle avait déjà été écrite par Ibn Sahl vers 984.