Aller au contenu

Géométrie · 4 affiches · formule n° 38

Sinus, cosinus et tangente dans le triangle rectangle

Dans un triangle rectangle, le sinus, le cosinus et la tangente d’un angle aigu sont des rapports de longueurs de côtés. Ces rapports ne dépendent pas de la taille du triangle, seulement de l’angle.

Voir les 4 affiches 9 contrôles par le calcul

Pour un angle aigu α\alpha d’un triangle rectangle : longueurs du côté opposé à α\alpha, du côté adjacent à α\alpha et de l’hypoténuse. Dessin : quatre triangles rectangles de même angle α\alpha, de côtés 3-4-5, 6-8-10, 9-12-15 et 12-16-20 ; leurs rapports sont égaux.

Quatre styles

Les affiches

La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.

Ce que disent les formules

On considère un triangle rectangle et l’un de ses deux angles aigus, de mesure α\alpha. Les trois côtés reçoivent un nom par rapport à cet angle :

  • l’hypoténuse est le côté opposé à l’angle droit ; c’est le plus long des trois ;
  • le côté opposé à α\alpha est le côté qui ne touche pas le sommet de l’angle α\alpha ;
  • le côté adjacent à α\alpha est le côté qui touche le sommet de l’angle α\alpha et qui n’est pas l’hypoténuse.

En notant simplement « opposé », « adjacent » et « hypoténuse » les longueurs de ces côtés :

sin⁡α=oppose´hypote´nusecos⁡α=adjacenthypote´nusetan⁡α=oppose´adjacent\begin{gathered} \sin\alpha = \frac{\text{oppos\'e}}{\text{hypot\'enuse}} \qquad \cos\alpha = \frac{\text{adjacent}}{\text{hypot\'enuse}} \\[6pt] \tan\alpha = \frac{\text{oppos\'e}}{\text{adjacent}} \end{gathered}
  • sin⁡α\sin\alpha (sinus), cos⁡α\cos\alpha (cosinus) et tan⁡α\tan\alpha (tangente) sont des nombres sans unité : ce sont des quotients de deux longueurs exprimées dans la même unité.
  • Comme l’hypoténuse est le plus long côté, le sinus et le cosinus d’un angle aigu sont strictement compris entre 0 et 1. La tangente, elle, peut prendre n’importe quelle valeur strictement positive.
  • Les mots « opposé » et « adjacent » dépendent de l’angle choisi : le côté opposé à l’un des angles aigus est le côté adjacent à l’autre. Ainsi, sin⁡α=cos⁡(90°−α)\sin\alpha = \cos(90° - \alpha).

Les trois rapports sont liés : tan⁡α=sin⁡αcos⁡α\tan\alpha = \frac{\sin\alpha}{\cos\alpha} et sin2⁡α+cos2⁡α=1\sin^2\alpha + \cos^2\alpha = 1. Ces définitions ne valent que pour un angle aigu d’un triangle rectangle ; pour un angle quelconque, on utilise le cercle trigonométrique, qui donne les mêmes valeurs entre 0° et 90°.

Un exemple

Calculer une longueur. Une échelle de 5 m est posée sur un sol horizontal, contre un mur vertical ; elle fait un angle de 70° avec le sol. À quelle hauteur touche-t-elle le mur, et à quelle distance du mur est son pied ?

Le mur, le sol et l’échelle forment un triangle rectangle dont l’échelle est l’hypoténuse. Pour l’angle de 70° au pied de l’échelle, la hauteur est le côté opposé et la distance au mur le côté adjacent :

  1. sin⁡70°=hauteur5\sin 70° = \frac{\text{hauteur}}{5}, donc hauteur =5×sin⁡70°= 5 \times \sin 70°, soit environ 4,698 m (4,698 4… m) ;
  2. cos⁡70°=distance5\cos 70° = \frac{\text{distance}}{5}, donc distance =5×cos⁡70°= 5 \times \cos 70°, soit environ 1,710 m (1,710 1… m).

Contrôle avec le théorème de Pythagore : 4,69842+1,710124{,}698\,4^2 + 1{,}710\,1^2 est très proche de 25=5225 = 5^2, et le calcul exact donne bien 25.

Calculer un angle. Une rampe monte de 1 m sur une distance horizontale de 12 m. Le côté opposé à l’angle d’inclinaison mesure 1 m et le côté adjacent 12 m, donc tan⁡α=112\tan\alpha = \frac{1}{12}. La touche « arctan » (ou tan−1\tan^{-1}) de la calculatrice, réglée en degrés, donne α\alpha environ égal à 4,76° (4,763 6…°). Attention : une calculatrice réglée en radians donnerait un autre nombre pour le même angle.

Pourquoi c’est vrai

Le point délicat n’est pas la définition, mais le fait qu’elle ait un sens : il faut que le rapport ne dépende que de l’angle α\alpha, et pas du triangle rectangle choisi.

Prenons deux triangles rectangles qui ont un angle aigu de même mesure α\alpha. Dans un triangle, la somme des angles vaut 180° ; leurs troisièmes angles mesurent donc tous deux 90°−α90° - \alpha. Les deux triangles ont les mêmes angles : ils sont semblables, c’est-à-dire que l’un est un agrandissement (ou une réduction) de l’autre. Toutes les longueurs de l’un s’obtiennent en multipliant celles de l’autre par un même nombre kk, et un quotient de deux longueurs ne change pas quand on les multiplie toutes deux par kk. En plaçant les deux triangles l’un dans l’autre, avec le sommet de l’angle α\alpha en commun, c’est exactement le théorème de Thalès.

Les deux relations entre les rapports se démontrent en une ligne. D’abord, sin⁡αcos⁡α=oppose´hypote´nuse×hypote´nuseadjacent=oppose´adjacent=tan⁡α\frac{\sin\alpha}{\cos\alpha} = \frac{\text{oppos\'e}}{\text{hypot\'enuse}} \times \frac{\text{hypot\'enuse}}{\text{adjacent}} = \frac{\text{oppos\'e}}{\text{adjacent}} = \tan\alpha. Ensuite, d’après le théorème de Pythagore, oppose´2+adjacent2=hypote´nuse2\text{oppos\'e}^2 + \text{adjacent}^2 = \text{hypot\'enuse}^2 ; en divisant par hypote´nuse2\text{hypot\'enuse}^2, on obtient sin2⁡α+cos2⁡α=1\sin^2\alpha + \cos^2\alpha = 1.

Un peu d’histoire

La trigonométrie est née de l’astronomie. Les savants grecs mesuraient des cordes de cercle plutôt que des côtés de triangles : Hipparque, au IIe siècle av. J.-C., aurait dressé la première table de cordes, et celle de Ptolémée, dans l’Almageste (IIe siècle de notre ère), nous est parvenue.

Le sinus vient de la demi-corde des astronomes indiens, la jyā, utilisée dans des traités de l’époque Gupta comme l’Aryabhatiya. Le mot a transité par l’arabe avant d’être rendu en latin par sinus, à la suite d’une lecture fautive de l’écriture arabe. Les mots tangens et secans ont été introduits par le mathématicien danois Thomas Fincke dans sa Geometria rotundi (1583) : ils décrivent des droites qui « touchent » ou « coupent » un cercle. Le cosinus, abréviation de sinus complementi, apparaît dans le Canon triangulorum d’Edmund Gunter (1620).

Pendant des siècles, ces nombres ont été donnés par des tables, calculées à la main, que l’on consultait pour résoudre des triangles en astronomie, en navigation ou en arpentage. Les calculatrices de poche ont pris le relais dans la seconde moitié du XXe siècle.

Ce que montre l’affiche

Le programme dessine quatre triangles rectangles emboîtés, qui partagent le même angle α\alpha et dont les côtés mesurent 3-4-5, 6-8-10, 9-12-15 et 12-16-20. Toutes les longueurs affichées sont calculées à partir des sommets, puis les trois rapports sont formés pour chaque triangle : 35=610=915=1220=0,6\frac{3}{5} = \frac{6}{10} = \frac{9}{15} = \frac{12}{20} = 0{,}6 pour le sinus, 0,8 pour le cosinus et 0,75 pour la tangente. Le programme vérifie que ces rapports sont égaux avant de les écrire. Comme tous les dessins de la boutique, il est calculé par des programmes écrits pour l’atelier, à partir de la formule elle-même, et existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.

Pour aller plus loin

Vérifiée par le calcul

Les contrôles de cette formule

Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode

  • rapports égaux sur 10 000 paires de triangles rectangles semblables tirés au hasardécart relatif maximal 3.48e-14
  • les rapports sont sin α, cos α, tan α de l’angle mesuré en A (10 000 triangles)écart maximal 1.67e-13
  • tan α = sin α / cos α (10 000 triangles)écart relatif maximal 2.63e-16
  • sin²α + cos²α = 1 (10 000 triangles ; c’est le théorème de Pythagore)écart maximal 1.78e-15
  • sans angle droit, côté opposé / côté [AC] ≠ sin α (triangle de même angle α en A)obtenu 0.7211 contre sin α = 0.6000
  • dessin : les quatre triangles sont rectangles en B (produit scalaire nul)
  • dessin : côtés 3-4-5, 6-8-10, 9-12-15, 12-16-20 entiers et vérifiant Pythagore
  • dessin : sin α = 0,6 pour α = arctan(3/4)obtenu 0.6, attendu 0.6, écart 0.00e+0 (tolérance 1e-15)
  • dessin : les rapports affichés se composent

Sources

Questions fréquentes

Comment retenir les formules de sinus, cosinus et tangente ?

Un moyen mnémotechnique répandu est « SOH CAH TOA », souvent prononcé « CAH SOH TOA » (« casse-toi ») : Sinus = Opposé / Hypoténuse, Cosinus = Adjacent / Hypoténuse, Tangente = Opposé / Adjacent.

Comment calculer un angle avec le cosinus ?

On calcule le rapport adjacent / hypoténuse, puis on utilise la touche « arccos » (ou cos−1\cos^{-1}) de la calculatrice, réglée en degrés. Par exemple, si cos⁡α=0,8\cos\alpha = 0{,}8, alors α\alpha vaut environ 36,87°.

Peut-on utiliser le sinus dans un triangle qui n’est pas rectangle ?

Pas avec ces définitions, qui supposent un angle droit. Dans un triangle quelconque, on utilise la loi des sinus ou la loi des cosinus (théorème d’Al-Kashi), qui font intervenir les sinus et cosinus définis sur le cercle trigonométrique.

Pourquoi le sinus d’un angle aigu est-il toujours inférieur à 1 ?

Parce que c’est le quotient d’un côté de l’angle droit par l’hypoténuse, qui est le plus long côté du triangle rectangle. Le quotient est donc strictement compris entre 0 et 1.

Quelle est la différence entre le côté adjacent et l’hypoténuse ?

Les deux touchent le sommet de l’angle α\alpha. L’hypoténuse est celui qui fait face à l’angle droit ; le côté adjacent est l’autre, celui qui forme l’angle droit.