Nombres · 4 affiches · formule n° 58
Les identités remarquables
Les identités remarquables sont trois égalités qui permettent de développer un carré ou un produit sans tout recalculer, et de factoriser dans l’autre sens. Elles se lisent aussi comme des aires de carrés et de rectangles.
Quatre styles
Les affiches
La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.
Ce que dit la formule
Pour tous nombres réels (ou complexes) et :
- et : deux nombres quelconques, positifs, négatifs ou nuls ; ce peuvent aussi être des expressions littérales, comme ou .
- : le carré d’une somme, c’est-à-dire .
- : le carré d’une différence.
- : le produit d’une somme par la différence des deux mêmes termes.
- : le double produit, deux fois le produit des deux termes.
Lues de gauche à droite, ces égalités servent à développer ; lues de droite à gauche, à factoriser. La troisième s’énonce souvent ainsi : une différence de deux carrés est le produit de la somme par la différence.
L’erreur à éviter. Le carré d’une somme n’est pas la somme des carrés : seulement si . Avec , on trouve et non . Le terme ne doit jamais être oublié.
Une condition cachée. Les démonstrations utilisent le fait que . C’est toujours vrai pour les nombres, mais pas pour les matrices : pour deux matrices et telles que , on a en général .
Un exemple
Calcul mental. Les identités transforment un calcul difficile en calcul facile.
- .
- .
- .
Développement. Avec et : . Vérification pour : à gauche , à droite .
Factorisation. On reconnaît , et . La première factorisation permet par exemple de résoudre : un produit est nul si et seulement si l’un de ses facteurs est nul, donc ou .
Pourquoi c’est vrai
Par le calcul. On développe en distribuant chaque terme de la première parenthèse sur la seconde, puis on regroupe en utilisant :
- ;
- ;
- , car .
La deuxième identité découle aussi de la première en remplaçant par .
Par les aires, quand et sont des longueurs positives (avec pour les deux dernières). Un carré de côté se découpe en un carré de côté , un carré de côté et deux rectangles de côtés et : c’est la première identité. Pour la troisième, on retire d’un carré de côté un carré de côté placé dans un coin ; la figure en forme de L qui reste a pour aire . En la coupant en deux rectangles et en déplaçant l’un d’eux, on obtient un rectangle de côtés et . Ces dessins sont des démonstrations pour les longueurs positives ; le calcul algébrique ci-dessus, lui, vaut pour tous les nombres.
Les programmes de l’atelier vérifient les trois égalités sur 10 000 couples de réels tirés au hasard, en calcul exact sur 10 000 couples d’entiers de 40 chiffres au plus, et sur 5 000 couples de nombres complexes ; ils comptent aussi les carreaux du dessin de l’affiche.
Un peu d’histoire
Les identités remarquables ont d’abord été énoncées sous forme géométrique. Le livre II des Éléments d’Euclide (vers 300 avant notre ère) en contient des versions exprimées avec des carrés et des rectangles construits sur des segments : la proposition 4 dit que le carré construit sur un segment coupé en deux parties égale les carrés construits sur les deux parties, plus deux fois le rectangle formé par ces parties, ce qui est la première identité. Les propositions 5 et 7 correspondent aux deux autres. Selon les historiens, ces égalités étaient sans doute déjà utilisées auparavant, notamment par les scribes babyloniens, pour résoudre des problèmes que l’on écrirait aujourd’hui comme des équations du second degré.
L’écriture avec des lettres et des exposants n’est apparue que bien plus tard, avec l’algèbre symbolique des XVIe et XVIIe siècles. L’expression « identités remarquables » est celle de l’enseignement français ; on parle aussi de « produits remarquables ».
Ce que montre l’affiche
Le dessin lit les trois identités comme des aires, avec et carreaux. À gauche, le carré de côté est découpé en , et deux rectangles : . Au centre, le carré de côté reste quand on retire d’un carré de côté deux bandes , tracées en pointillés, qui se chevauchent sur un carré : on retire deux fois ce petit carré, d’où le . À droite, la figure en L d’aire est recomposée en rectangle en déplaçant un seul morceau. Les carreaux sont comptés par les programmes de l’atelier, et l’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.
Pour aller plus loin
- La formule du binôme de Newton, qui généralise la première identité à .
- L’équation du second degré, dont la résolution repose sur la première identité.
- Le théorème de Pythagore, autre égalité entre aires de carrés.
- Le triangle de Pascal, qui donne les coefficients 1, 2, 1 de et ceux des puissances suivantes.
Sources : Identité remarquable (Wikipédia) (nouvel onglet), Difference of two squares (Wikipedia) (nouvel onglet), Difference of Squares (MathWorld) (nouvel onglet), Euclide, Éléments, livre II, proposition 4 (nouvel onglet), proposition 5 (nouvel onglet) et proposition 7 (nouvel onglet) (D. E. Joyce, Clark University).
Vérifiée par le calcul
Les contrôles de cette formule
Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode
- les trois identités sur 10 000 couples de réels tirés au hasard (de 10⁻³ à 10⁴)écart relatif maximal 4.34e-16
- les trois identités en calcul exact sur 10 000 couples d’entiers relatifs (jusqu’à 40 chiffres)
- les trois identités sur 5 000 couples de nombres complexesécart maximal 2.98e-14
- dessin 1 : 49 = 25 + 2 × 10 + 4 carreaux, sans recouvrement
- dessin 2 : 9 = 25 − 2 × 10 + 4 (les deux bandes se recouvrent sur 4 carreaux)
- dessin 3 : la figure a² − b² (21 carreaux) a la même aire que le rectangle 7 × 3
- erreur classique : (a + b)² ≠ a² + b² dès que ab ≠ 0 (a = b = 1 : 4 et 2)
- il faut ab = ba : pour deux matrices A, B qui ne commutent pas, (A + B)² ≠ A² + 2AB + B² et (A + B)(A − B) ≠ A² − B²
Sources
Questions fréquentes
Quelles sont les trois identités remarquables ?
, et . Elles sont vraies pour tous nombres et .
Pourquoi (a + b)² n’est-il pas égal à a² + b² ?
Parce qu’en développant on obtient aussi deux fois le produit . Avec , alors que .
Comment factoriser une différence de deux carrés ?
On écrit l’expression sous la forme puis on la remplace par . Par exemple et .
Comment reconnaître un carré à factoriser ?
On cherche deux carrés et un double produit : contient , et , donc vaut . Si le double produit est précédé d’un signe moins, c’est le carré d’une différence.
Existe-t-il une identité remarquable pour (a + b)³ ?
Oui : . Pour toutes les puissances entières, les coefficients sont donnés par la formule du binôme de Newton.



