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Physique · 4 affiches · formule n° 24

Les équations de Maxwell

Les équations de Maxwell décrivent tout l’électromagnétisme classique en quatre lignes. Elles disent comment charges et courants créent les champs électrique et magnétique, et comment ces champs s’engendrent l’un l’autre pour former la lumière.

Voir les 4 affiches 5 contrôles par le calcul

Forme locale, unités SI : ρ\rho est la densité de charge, J\mathbf{J} celle de courant. Dessin : une onde lumineuse ; champ électrique et champ magnétique oscillent ensemble, perpendiculaires.

Quatre styles

Les affiches

La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.

Ce que dit la formule

Voici les équations de Maxwell sous leur forme locale (valable en chaque point et à chaque instant), dans le vide et en unités SI, les densités ρ\rho et J\mathbf{J} comptant toutes les charges et tous les courants présents :

∇⋅E=ρε0∇×E=−∂B∂t∇⋅B=0∇×B=μ0J+μ0ε0∂E∂t\begin{aligned} \nabla \cdot \mathbf{E} &= \frac{\rho}{\varepsilon_0} & \nabla \times \mathbf{E} &= -\frac{\partial \mathbf{B}}{\partial t} \\[4pt] \nabla \cdot \mathbf{B} &= 0 & \nabla \times \mathbf{B} &= \mu_0 \mathbf{J} + \mu_0 \varepsilon_0 \frac{\partial \mathbf{E}}{\partial t} \end{aligned}

Elles se lisent ainsi :

  1. Maxwell-Gauss (en haut à gauche) : les charges électriques sont les sources du champ électrique ; ses lignes partent des charges positives et aboutissent aux charges négatives.
  2. Maxwell-flux (en bas à gauche) : le champ magnétique n’a pas de source ponctuelle ; il n’existe pas de « charge magnétique » isolée.
  3. Maxwell-Faraday (en haut à droite) : un champ magnétique qui varie crée un champ électrique tourbillonnant. C’est l’induction, qui fait fonctionner alternateurs et transformateurs.
  4. Maxwell-Ampère (en bas à droite) : un courant, mais aussi un champ électrique qui varie, crée un champ magnétique tourbillonnant.

Les symboles :

  • E\mathbf{E} : le champ électrique, en volts par mètre ; B\mathbf{B} : le champ magnétique, en teslas. Les caractères gras signalent des vecteurs.
  • ρ\rho : la densité de charge, en coulombs par mètre cube ; J\mathbf{J} : la densité de courant, en ampères par mètre carré.
  • ε0\varepsilon_0 : la permittivité du vide, environ 8,8541878×10−128{,}854\,187\,8 \times 10^{-12} F/m ; μ0\mu_0 : la perméabilité du vide, environ 1,25663706×10−61{,}256\,637\,06 \times 10^{-6} N/A² (valeurs CODATA 2022 publiées par le NIST). Depuis la réforme du SI de 2019, μ0\mu_0 est une constante mesurée, très proche de 4π×10−74\pi \times 10^{-7} N/A², et ε0=1/(μ0c2)\varepsilon_0 = 1/(\mu_0 c^2).
  • ∇⋅\nabla \cdot : la divergence, qui mesure à quel point un champ « jaillit » d’un point ; ∇×\nabla \times : le rotationnel, qui mesure à quel point il tourne autour d’un point.
  • ∂∂t\frac{\partial}{\partial t} : la dérivée par rapport au temps.

Pour savoir comment ces champs agissent sur une charge qq de vitesse v\mathbf{v}, on ajoute la force de Lorentz : F=q(E+v×B)\mathbf{F} = q\,(\mathbf{E} + \mathbf{v} \times \mathbf{B}). Dans la matière, on utilise souvent une forme équivalente avec deux champs auxiliaires, D\mathbf{D} et H\mathbf{H}.

Un exemple

La vitesse de la lumière. Loin de toute charge et de tout courant (ρ=0\rho = 0, J=0\mathbf{J} = 0), les équations prédisent des ondes qui se propagent à la vitesse 1μ0ε0\frac{1}{\sqrt{\mu_0 \varepsilon_0}}. Avec les valeurs CODATA 2022 :

11,25663706127×10−6×8,8541878188×10−12≈299792457,99 m/s\frac{1}{\sqrt{1{,}256\,637\,061\,27 \times 10^{-6} \times 8{,}854\,187\,818\,8 \times 10^{-12}}} \approx 299\,792\,457{,}99 \text{ m/s}

C’est la vitesse de la lumière, c=299792458c = 299\,792\,458 m/s, à la précision des constantes près. Aujourd’hui, le calcul est une vérification de cohérence, puisque ε0\varepsilon_0 est déduite de μ0\mu_0 et de cc. Au temps de Maxwell, au contraire, les deux constantes venaient de mesures électriques et magnétiques indépendantes de toute optique : c’est ce qui a fait de la coïncidence une découverte.

Le champ magnétique d’une onde lumineuse. Dans une onde plane dans le vide, les champs sont perpendiculaires entre eux et à la direction de propagation, et leurs amplitudes vérifient B=E/cB = E / c. Pour un champ électrique de 100 V/m, le champ magnétique vaut environ 3,33×10−73{,}33 \times 10^{-7} T, soit environ 0,33 microtesla.

Pourquoi c’est vrai

Ces équations ne se démontrent pas : elles résument des lois établies par l’expérience (Coulomb, Ampère, Faraday), complétées par Maxwell. Deux calculs courts montrent pourquoi son ajout était nécessaire et ce qu’il entraîne.

Le terme de Maxwell. La charge électrique se conserve : ∂ρ∂t+∇⋅J=0\frac{\partial \rho}{\partial t} + \nabla \cdot \mathbf{J} = 0. Or la divergence d’un rotationnel est toujours nulle. Sans le terme en ∂E∂t\frac{\partial \mathbf{E}}{\partial t}, la loi d’Ampère ∇×B=μ0J\nabla \times \mathbf{B} = \mu_0 \mathbf{J} imposerait donc ∇⋅J=0\nabla \cdot \mathbf{J} = 0, ce qui est faux quand un condensateur se charge. Avec le terme ajouté, la divergence de la quatrième équation donne 0=μ0(∇⋅J+ε0∂∂t∇⋅E)=μ0(∇⋅J+∂ρ∂t)0 = \mu_0 \left(\nabla \cdot \mathbf{J} + \varepsilon_0 \frac{\partial}{\partial t} \nabla \cdot \mathbf{E}\right) = \mu_0 \left(\nabla \cdot \mathbf{J} + \frac{\partial \rho}{\partial t}\right), d’après la première équation : la conservation de la charge est respectée.

L’équation des ondes. Dans le vide, prenons le rotationnel de l’équation de Faraday. On utilise l’identité ∇×(∇×E)=∇(∇⋅E)−∇2E\nabla \times (\nabla \times \mathbf{E}) = \nabla (\nabla \cdot \mathbf{E}) - \nabla^2 \mathbf{E}, avec ∇⋅E=0\nabla \cdot \mathbf{E} = 0, puis l’équation d’Ampère avec J=0\mathbf{J} = 0 :

∇2E=μ0ε0∂2E∂t2\nabla^2 \mathbf{E} = \mu_0 \varepsilon_0\, \frac{\partial^2 \mathbf{E}}{\partial t^2}

C’est l’équation d’une onde de vitesse 1μ0ε0\frac{1}{\sqrt{\mu_0 \varepsilon_0}}. Le même calcul vaut pour B\mathbf{B}.

Un peu d’histoire

Les ingrédients viennent de plusieurs expérimentateurs : la loi de Coulomb (1785), la découverte par Ørsted qu’un courant dévie une boussole (1820), les travaux d’Ampère dans les années 1820, l’induction découverte par Faraday (1831).

James Clerk Maxwell (1831-1879) les réunit dans une théorie mathématique. Dans On Physical Lines of Force (1861-1862), il introduit le terme qui porte son nom et remarque que la vitesse calculée pour ses ondes est très proche de celle de la lumière mesurée par Fizeau ; il en déduit que la lumière est, selon toute vraisemblance, une onde de même nature. A Dynamical Theory of the Electromagnetic Field (1865) puis le Treatise on Electricity and Magnetism (1873) exposent la théorie complète, sous la forme d’une vingtaine d’équations écrites composante par composante.

La forme à quatre équations vectorielles de l’affiche n’est pas de Maxwell lui-même. On la doit principalement à Oliver Heaviside, à partir de 1884, alors que Josiah Willard Gibbs mettait au point de son côté le calcul vectoriel moderne ; Heinrich Hertz travaillait dans la même direction. À la fin des années 1880, Hertz produit et détecte en laboratoire les ondes prédites par la théorie.

Ce que montre l’affiche

Le dessin représente une onde électromagnétique plane, vue en perspective, sur deux longueurs d’onde et demie. Le champ électrique oscille dans un plan, le champ magnétique dans le plan perpendiculaire ; les deux sont tracés en sinusoïde avec, à intervalles réguliers, les vecteurs qui les composent. Ils vibrent en phase, perpendiculaires l’un à l’autre et à la direction de propagation. Le programme a vérifié que cette onde satisfait les quatre équations dans le vide. L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.

Pour aller plus loin

Sources : Équations de Maxwell (Wikipédia) (nouvel onglet), Maxwell’s equations (Wikipedia) (nouvel onglet), History of Maxwell’s equations (Wikipedia) (nouvel onglet), Feynman Lectures, vol. II, chap. 18 (nouvel onglet), μ₀ (NIST) (nouvel onglet), ε₀ (NIST) (nouvel onglet).

Vérifiée par le calcul

Les contrôles de cette formule

Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode

  • 1/√(μ₀ε₀) = c (CODATA 2018)obtenu 299792458.0000065, attendu 299792458, écart 2.17e-14 (tolérance 1e-9)
  • ∇ × E = −∂B/∂t pour l’onde du dessinobtenu -2.6767328252241818, attendu -2.676732825535594, écart 1.16e-10 (tolérance 0.00001)
  • ∇ × B = μ₀ε₀ ∂E/∂t (vide, J = 0)obtenu 8.92861962940028e-9, attendu 8.928619632098108e-9, écart 3.02e-10 (tolérance 0.00001)
  • ∇·E = 0 et ∇·B = 0 : E ne dépend pas de x, B ne dépend pas de y
  • dimensions : 1/(μ₀ε₀) est le carré d’une vitesse[2,0,-2,0,0] contre [2,0,-2,0,0] (m, kg, s, A, K)

Sources

Questions fréquentes

Combien y a-t-il d’équations de Maxwell ?

Quatre, dans la forme vectorielle moderne : Maxwell-Gauss, Maxwell-flux, Maxwell-Faraday et Maxwell-Ampère. Maxwell lui-même en écrivait une vingtaine, composante par composante.

Qui a écrit les équations de Maxwell sous leur forme actuelle ?

Principalement Oliver Heaviside, à partir de 1884, avec la notation vectorielle développée en parallèle par Josiah Willard Gibbs. La théorie elle-même est de Maxwell (1861-1873).

Pourquoi les équations de Maxwell sont-elles si importantes ?

Elles décrivent tous les phénomènes électriques, magnétiques et lumineux de la physique classique, et prédisent les ondes électromagnétiques : lumière, ondes radio, rayons X.

Que signifie ∇ × E (rotationnel) ?

Le rotationnel mesure à quel point un champ tourne autour d’un point. L’équation ∇ × E = −∂B/∂t dit qu’un champ magnétique variable fait naître un champ électrique qui tourne, ce qui est le principe de l’induction.

Quelle est la forme intégrale des équations de Maxwell ?

Grâce aux théorèmes de Green-Ostrogradski et de Stokes, chaque équation locale équivaut à une relation entre flux et circulations sur des surfaces et des contours : par exemple, le flux de E à travers une surface fermée vaut la charge intérieure divisée par ε₀.