Physique · 4 affiches · formule n° 22
E = mc², l’énergie de masse
E = mc² dit qu’un corps au repos possède, du seul fait de sa masse, une énergie égale à sa masse multipliée par le carré de la vitesse de la lumière. Masse et énergie se convertissent l’une en l’autre.
Quatre styles
Les affiches
La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.
Ce que dit la formule
Dans le cadre de la relativité restreinte, un corps de masse , au repos dans un référentiel galiléen (un référentiel dans lequel le principe d’inertie s’applique), possède l’énergie
- : l’énergie de masse, ou énergie au repos, en joules (J).
- : la masse du corps, en kilogrammes. C’est la masse au sens moderne, la même pour tous les observateurs.
- : la vitesse de la lumière dans le vide, m/s. Cette valeur est exacte par définition : depuis 1983, c’est elle qui définit le mètre.
La conséquence pratique : lorsqu’un corps au repos gagne ou perd une énergie (chaleur, rayonnement, énergie de liaison…), sa masse varie de .
Pour un corps en mouvement, à la vitesse , l’énergie totale vaut avec . La relation la plus générale relie l’énergie et la quantité de mouvement :
Au repos, et l’on retrouve . Pour la lumière, dont les particules (les photons) ont une masse nulle, elle donne .
Un exemple
Un gramme de matière. Avec kg :
Ce nombre est exact, puisque l’est : environ 89,87 térajoules. Comme 1 kWh vaut 3,6 millions de joules, cela fait environ 24,96 millions de kilowattheures. Libérer intégralement cette énergie supposerait de faire disparaître toute la masse, ce qu’aucune centrale ni aucune arme ne fait.
Une réaction chimique. Par convention, l’explosion d’un kilogramme de TNT libère 4,184 mégajoules. Les produits de l’explosion pèsent donc moins que les réactifs, de , soit environ kg, environ 46 nanogrammes : bien trop peu pour être pesé. La formule vaut pour la chimie aussi, mais l’effet y est imperceptible.
Une fission nucléaire. La fission d’un noyau d’uranium 235 libère environ 200 MeV (mégaélectronvolts), soit un peu moins de 0,1 % de l’énergie de masse de l’atome (environ 0,091 %). L’effet est enfin mesurable, mais l’essentiel de la masse reste là.
À petite vitesse. Pour un corps lancé à 30 km/s, et valent tous deux environ : l’énergie de mouvement coïncide avec l’énergie cinétique classique .
Pourquoi c’est vrai
La relation générale découle des définitions. En relativité restreinte, et . Alors
puisque . Pour petit devant , , d’où : l’énergie totale est l’énergie de masse plus l’énergie cinétique habituelle.
Pourquoi l’énergie au repos est . La démonstration complète demande la théorie de la relativité ; l’idée de l’argument d’Einstein (1905) est la suivante. Un corps immobile émet deux éclairs lumineux de même énergie dans des directions opposées : il reste immobile. Un second observateur, qui se déplace par rapport à lui, voit les deux éclairs avec des énergies différentes (effet Doppler relativiste). En faisant le bilan d’énergie dans les deux référentiels, Einstein trouve que l’énergie cinétique du corps a diminué exactement comme si sa masse avait baissé de , où est l’énergie émise.
Ce que la formule n’explique pas. On lit souvent que E = mc² « explique » la bombe atomique. C’est un raccourci. L’énergie de la fission vient des forces entre les constituants des noyaux ; la formule relie cette énergie à la légère perte de masse qui l’accompagne, sans dire pourquoi la fission a lieu. Le nombre de protons et de neutrons ne change pas : la matière n’est pas « transformée en énergie » en entier.
Un peu d’histoire
En 1905, Albert Einstein publie dans les Annalen der Physik l’article fondateur de la relativité restreinte. Il publie, la même année et dans la même revue, une note de trois pages, Ist die Trägheit eines Körpers von seinem Energieinhalt abhängig ? (« L’inertie d’un corps dépend-elle de son contenu en énergie ? »), reçue par la revue le 27 septembre 1905 et parue en novembre (volume 18, pages 639-641).
L’égalité n’y figure pas sous cette forme. Einstein écrit, en substance, que si un corps cède l’énergie sous forme de rayonnement, sa masse diminue de , la lettre désignant la vitesse de la lumière. Il en conclut que la masse d’un corps mesure son contenu en énergie, et suggère que des corps dont l’énergie varie beaucoup, comme les sels de radium, pourraient permettre un test. Des relations voisines avaient été envisagées avant lui pour le rayonnement, notamment par Henri Poincaré en 1900.
La relation a ensuite été vérifiée de nombreuses fois. Dans les années 1930, la désintégration du lithium bombardé par des protons la confirme à environ 0,5 % près. En 2005, une équipe du MIT et du NIST l’a testée à environ quatre dix-millionièmes près, en comparant des masses d’atomes et l’énergie des rayons gamma émis lors d’une capture de neutron.
Ce que montre l’affiche
Le dessin trace l’énergie totale d’un corps, , en fonction de sa vitesse, de l’arrêt jusqu’à 99,1 % de la vitesse de la lumière. À l’arrêt, la courbe part du point marqué ; elle monte ensuite de plus en plus vite et s’envole le long de la verticale en pointillés « », car il faudrait une énergie infinie pour atteindre la vitesse de la lumière. Une courbe plus discrète montre, pour comparaison, la prévision classique , qui reste finie. L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.
Pour aller plus loin
- Les équations d’Einstein, la relativité générale, dix ans plus tard.
- Les équations de Maxwell, d’où vient la vitesse de la lumière.
- La loi de Planck, l’autre révolution des débuts du XXe siècle.
- La deuxième loi de Newton, que la relativité corrige aux grandes vitesses.
Sources : E=mc2 (Wikipédia) (nouvel onglet), Mass–energy equivalence (Wikipedia) (nouvel onglet), article original d’Einstein (DOI) (nouvel onglet), traduction anglaise de l’article (Fourmilab) (nouvel onglet), constantes fondamentales (NIST) (nouvel onglet), communiqué du MIT sur le test de 2005 (nouvel onglet).
Vérifiée par le calcul
Les contrôles de cette formule
Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode
- dimensions : [m c²] = énergie (joule)[2,1,-2,0,0] contre [2,1,-2,0,0] (m, kg, s, A, K)
- 1 g de masse ↔ 89 875 517 873 681,764 Jobtenu 89875517873681.77, attendu 89875517873681.77, écart 0.00e+0 (tolérance 1e-15)
- à faible vitesse, γmc² − mc² ≈ ½mv² (v = c/1000)obtenu 44937792629.48126, attendu 44937758936.84087, écart 7.50e-7 (tolérance 0.00001)
- γ = 1 à l’arrêt : on retrouve E = mc²
Sources
Questions fréquentes
Que signifie E = mc² ?
Qu’un corps au repos possède une énergie égale à sa masse multipliée par le carré de la vitesse de la lumière. Toute variation d’énergie d’un corps au repos s’accompagne d’une variation de sa masse, égale à cette énergie divisée par c².
Quelle est la valeur de c dans E = mc² ?
c est la vitesse de la lumière dans le vide, exactement 299 792 458 m/s. Son carré vaut environ 8,987 × 10¹⁶ m²/s².
Qui a découvert E = mc² et quand ?
Albert Einstein, dans un court article paru en 1905 dans les Annalen der Physik. Il l’y énonce en mots, avec d’autres notations ; des relations voisines avaient été proposées avant lui pour le rayonnement.
E = mc² a-t-elle permis la bombe atomique ?
Non au sens direct : la fission a été découverte par l’expérience, en 1938. La formule permet de relier l’énergie libérée à la petite perte de masse des noyaux, mais elle ne dit pas comment la provoquer.
E = mc² est-elle valable pour un objet en mouvement ?
Non telle quelle : elle donne l’énergie au repos. En mouvement, l’énergie totale vaut γmc², et la relation générale s’écrit E² = (pc)² + (mc²)², où p est la quantité de mouvement.



