Nombres · 4 affiches · formule n° 7
La suite de Fibonacci
Dans la suite de Fibonacci, chaque terme est la somme des deux précédents : 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13… Le quotient de deux termes consécutifs se rapproche du nombre d’or, environ 1,618.
Quatre styles
Les affiches
La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.
Ce que dit la formule
La suite de Fibonacci est la suite de nombres entiers définie par ses deux premiers termes, et , puis par une règle valable pour tout entier :
- est le rang du terme : un entier naturel 0, 1, 2, 3…
- est le terme de rang ; et sont les deux termes qui le suivent.
- et sont les conditions de départ. Elles sont indispensables : avec la même règle mais d’autres valeurs de départ, on obtient une autre suite (en partant de 2 et 1, on obtient 2, 1, 3, 4, 7, 11…, la suite de Lucas).
Les premiers termes sont donc 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144, 233, 377, 610… (suite A000045 de l’OEIS (nouvel onglet)). Certains ouvrages commencent la suite à , sans le terme nul : les numéros des termes restent les mêmes. La suite grandit vite : passé les premiers rangs, chaque terme vaut à peu près fois le précédent, si bien que vaut déjà .
L’affiche porte aussi un second résultat : le quotient de deux termes consécutifs tend vers le nombre d’or,
Un exemple
Calculons les termes un par un, en appliquant seulement la règle :
- , puis , , , , , , , .
Regardons maintenant les quotients de deux termes consécutifs :
Les quotients passent alternativement au-dessus et au-dessous de , en s’en rapprochant à chaque pas. Autre propriété facile à vérifier sur cet exemple : la somme vaut , c’est-à-dire . C’est un cas particulier de l’égalité , vraie pour tout . De même, : c’est l’identité de Cassini, pour tout , qui explique pourquoi deux termes consécutifs n’ont jamais de diviseur commun autre que .
Pourquoi c’est vrai
La règle est une définition : il n’y a rien à démontrer. Ce qui se démontre, c’est le lien avec le nombre d’or.
Le nombre d’or et le nombre sont les deux solutions de l’équation . En multipliant cette égalité par , on obtient : les suites et obéissent donc à la même règle que la suite de Fibonacci, et toute combinaison aussi.
On choisit et pour retrouver les deux premiers termes : et . Comme , cela donne et . Deux suites qui suivent la même règle et ont les mêmes deux premiers termes sont égales (récurrence immédiate), d’où la formule de Binet :
Pour , le calcul donne bien . Comme , le terme devient minuscule quand grandit. On en déduit
puisque . Au passage, comme pour tout , est toujours l’entier le plus proche de .
Un peu d’histoire
La suite porte le nom de Léonard de Pise, dit Fibonacci, mais elle était connue en Inde bien avant lui. Les savants indiens qui étudiaient la métrique sanskrite comptaient les façons de remplir un vers d’une durée donnée avec des syllabes brèves (un temps) et longues (deux temps) : pour une durée de temps, on trouve façons. On en lit souvent une trace chez Pingala (entre le Ve et le IIe siècle avant notre ère, selon les datations), à travers une formule brève dont le sens est une interprétation des commentateurs. La règle est exposée plus clairement par Virahanka (vers le VIIe ou VIIIe siècle), dont l’œuvre est connue par une citation de Gopala (vers 1135), puis par Hemachandra (vers 1150).
En Europe, Fibonacci présente la suite en 1202 dans son Liber abaci, avec un problème de lapins volontairement idéalisé : chaque couple donne naissance à un nouveau couple chaque mois à partir de son deuxième mois, et aucun ne meurt. Le nombre de couples, mois après mois, suit la suite 1, 1, 2, 3, 5, 8…
En 1611, Kepler remarque dans un petit traité sur les flocons de neige que 5 est à 8 à peu près comme 8 est à 13. La formule porte le nom de Jacques Binet, qui la publie en 1843, mais elle était déjà connue au XVIIIe siècle, notamment d’Abraham de Moivre et de Daniel Bernoulli. Le nom de « suite de Fibonacci » a été popularisé au XIXe siècle par le mathématicien français Édouard Lucas.
Et la nature ? Dans de nombreuses plantes (écailles des pommes de pin, ananas, disposition des feuilles), on compte des spirales dont les nombres sont souvent deux termes consécutifs de la suite. C’est une tendance bien documentée, pas une loi universelle : beaucoup d’exemples qui circulent ne résistent pas à la mesure.
Ce que montre l’affiche
Le dessin assemble des carrés de côtés 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13 et 21 : chaque nouveau carré se pose contre le grand côté du rectangle formé par les précédents, en tournant. On obtient un rectangle de 21 sur 34, deux termes consécutifs de la suite ; la somme des aires des carrés, , est exactement . Dans chaque carré, un quart de cercle relie deux coins opposés : mis bout à bout, ces arcs forment la spirale de Fibonacci, proche (sans lui être égale) d’une spirale logarithmique. L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.
Pour aller plus loin
- Le nombre d’or, limite des quotients de la suite.
- La spirale logarithmique, que la spirale des carrés imite.
- Le triangle de Pascal : en additionnant ses nombres le long de diagonales peu inclinées, on retrouve les termes de la suite de Fibonacci.
Vérifiée par le calcul
Les contrôles de cette formule
Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode
- premiers termes : 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144, 233, 377 (OEIS A000045)
- F(100) = 354224848179261915075 (OEIS)
- F(41)/F(40) ≈ φobtenu 1.618033988749895, attendu 1.618033988749895, écart 0.00e+0 (tolérance 1e-15)
- formule de Binet : F(30) = (φ³⁰ − (−1/φ)³⁰)/√5obtenu 832040.0000000008, attendu 832040, écart 9.79e-16 (tolérance 1e-12)
Sources
Questions fréquentes
Quels sont les 20 premiers termes de la suite de Fibonacci ?
De à : 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144, 233, 377, 610, 987, 1 597, 2 584 et 4 181. Chaque terme est la somme des deux précédents.
La suite de Fibonacci commence-t-elle par 0 ou par 1 ?
Les deux conventions existent. La plus courante aujourd’hui pose et ; d’autres ouvrages commencent à , ce qui donne la même suite sans le terme nul.
Quel est le lien entre la suite de Fibonacci et le nombre d’or ?
Le quotient de deux termes consécutifs tend vers le nombre d’or . Cela se démontre avec la formule de Binet, car est solution de , l’équation qui traduit la règle de la suite.
Comment calculer directement le 100e terme de la suite de Fibonacci ?
La formule de Binet donne comme l’entier le plus proche de . Le terme de rang 100 vaut 354 224 848 179 261 915 075 (OEIS A000045) ; pour un calcul exact, on additionne plutôt les termes un à un avec des entiers.
La suite de Fibonacci est-elle partout dans la nature ?
On la retrouve souvent dans la disposition des feuilles, des écailles de pommes de pin ou des fruits de l’ananas, mais pas dans toutes les espèces. Beaucoup d’affirmations populaires sur sa présence dans la nature ou dans le corps humain ne sont pas vérifiées.



