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Nombres · 4 affiches · formule n° 59

L’équation du second degré

Une équation du second degré s’écrit ax² + bx + c = 0 avec a non nul. Le signe du discriminant Δ = b² − 4ac dit combien elle a de solutions réelles, et une seule formule les donne toutes.

Voir les 4 affiches 10 contrôles par le calcul

racines réelles de ax2+bx+c=0ax^2 + bx + c = 0, avec a≠0a \neq 0 et Δ≥0\Delta \geq 0

Si Δ>0\Delta > 0, deux racines ; si Δ=0\Delta = 0, une racine double ; si Δ<0\Delta < 0, aucune racine réelle. Dessin : les paraboles y=x2−2x+cy = x^2 - 2x + c pour cc de −3-3 à 33, et leurs racines sur l’axe ; pour c=−3c = -3, Δ=16\Delta = 16 et les racines sont −1-1 et 33.

Quatre styles

Les affiches

La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.

Ce que dit la formule

On cherche les nombres réels xx tels que ax2+bx+c=0ax^2 + bx + c = 0, où aa, bb, cc sont des réels donnés et a≠0a \neq 0. On calcule le discriminant Δ=b2−4ac\Delta = b^2 - 4ac. Lorsque Δ≥0\Delta \geq 0, les solutions (on dit aussi les racines) sont :

x=−b±Δ2a,Δ=b2−4acx = \frac{-b \pm \sqrt{\Delta}}{2a}, \qquad \Delta = b^2 - 4ac
  • aa : le coefficient de x2x^2, obligatoirement non nul (sinon l’équation est du premier degré).
  • bb : le coefficient de xx ; cc : le terme constant. Tous deux peuvent être nuls.
  • Δ\Delta : le discriminant, qui « discrimine » les cas.
  • ±\pm : on obtient une racine avec le signe ++ et une autre avec le signe −-.

Les trois cas :

  • si Δ>0\Delta > 0, l’équation a deux solutions réelles distinctes, x1=−b−Δ2ax_1 = \frac{-b - \sqrt{\Delta}}{2a} et x2=−b+Δ2ax_2 = \frac{-b + \sqrt{\Delta}}{2a} ;
  • si Δ=0\Delta = 0, elle a une seule solution, x0=−b2ax_0 = -\frac{b}{2a}, appelée racine double ;
  • si Δ<0\Delta < 0, elle n’a aucune solution réelle, car un carré de réel n’est jamais négatif. Elle a alors deux solutions complexes conjuguées, −b±i−Δ2a\frac{-b \pm i\sqrt{-\Delta}}{2a}.

Quand Δ≥0\Delta \geq 0, les racines vérifient x1+x2=−bax_1 + x_2 = -\frac{b}{a} et x1x2=cax_1 x_2 = \frac{c}{a} (relations de Viète), et le trinôme se factorise : ax2+bx+c=a(x−x1)(x−x2)ax^2 + bx + c = a(x - x_1)(x - x_2).

Un exemple

Résoudre 2x2−4x−6=02x^2 - 4x - 6 = 0. Ici a=2a = 2, b=−4b = -4, c=−6c = -6.

  1. Discriminant : Δ=(−4)2−4×2×(−6)=16+48=64\Delta = (-4)^2 - 4 \times 2 \times (-6) = 16 + 48 = 64. Il est positif : deux solutions.
  2. Racine carrée : 64=8\sqrt{64} = 8.
  3. Racines : x1=4−84=−1x_1 = \frac{4 - 8}{4} = -1 et x2=4+84=3x_2 = \frac{4 + 8}{4} = 3.
  4. Vérification : 2×32−4×3−6=18−12−6=02 \times 3^2 - 4 \times 3 - 6 = 18 - 12 - 6 = 0, et 2×(−1)2+4−6=02 \times (-1)^2 + 4 - 6 = 0. On retrouve aussi x1+x2=2=−bax_1 + x_2 = 2 = -\frac{b}{a} et x1x2=−3=cax_1 x_2 = -3 = \frac{c}{a}.

Les deux autres cas. Pour x2−6x+9=0x^2 - 6x + 9 = 0, Δ=36−36=0\Delta = 36 - 36 = 0 : une seule solution, x=62=3x = \frac{6}{2} = 3 ; en effet x2−6x+9=(x−3)2x^2 - 6x + 9 = (x - 3)^2. Pour x2+x+1=0x^2 + x + 1 = 0, Δ=1−4=−3<0\Delta = 1 - 4 = -3 < 0 : aucune solution réelle.

Des racines irrationnelles. Pour x2−x−1=0x^2 - x - 1 = 0, Δ=1+4=5\Delta = 1 + 4 = 5 et les racines sont 1+52\frac{1 + \sqrt{5}}{2}, environ 1,618 033 988, et 1−52\frac{1 - \sqrt{5}}{2}, environ −0,618 033 988. La première est le nombre d’or.

Pourquoi c’est vrai

La méthode s’appelle la complétion du carré. Comme a≠0a \neq 0, on peut diviser par aa :

x2+bax+ca=0.x^2 + \frac{b}{a}\,x + \frac{c}{a} = 0.

Le début x2+baxx^2 + \frac{b}{a}x est le début du carré (x+b2a)2=x2+bax+b24a2\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 = x^2 + \frac{b}{a}x + \frac{b^2}{4a^2} (identité remarquable). En remplaçant, l’équation devient

(x+b2a)2=b24a2−ca=b2−4ac4a2=Δ4a2.\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 = \frac{b^2}{4a^2} - \frac{c}{a} = \frac{b^2 - 4ac}{4a^2} = \frac{\Delta}{4a^2}.

Le membre de gauche est un carré, donc positif ou nul, et le dénominateur 4a24a^2 est strictement positif. Si Δ<0\Delta < 0, le membre de droite est négatif : aucune solution réelle. Si Δ≥0\Delta \geq 0, l’égalité équivaut à x+b2a=±Δ2|a|x + \frac{b}{2a} = \pm\frac{\sqrt{\Delta}}{2|a|} ; comme le signe ±\pm couvre les deux possibilités, on peut écrire 2a2a au lieu de 2|a|2|a|, et l’on obtient x=−b±Δ2ax = \frac{-b \pm \sqrt{\Delta}}{2a}. Si Δ=0\Delta = 0, les deux valeurs se confondent.

Cette transformation montre aussi l’allure de la courbe y=ax2+bx+cy = ax^2 + bx + c : c’est une parabole, symétrique par rapport à la droite x=−b2ax = -\frac{b}{2a}. Les solutions de l’équation sont les abscisses des points où elle coupe l’axe horizontal : deux points, un point de contact ou aucun.

Les programmes de l’atelier vérifient la formule sur 10 000 trinômes tirés au hasard avec Δ>0\Delta > 0 (les deux valeurs annulent bien le trinôme et vérifient les relations de Viète), en calcul exact sur 5 000 trinômes à racines entières, sur des cas Δ=0\Delta = 0 et Δ<0\Delta < 0 (racines complexes comprises), et contrôlent que la formule n’a pas de sens quand a=0a = 0.

Un peu d’histoire

Des problèmes équivalents à des équations du second degré sont résolus sur des tablettes babyloniennes en écriture cunéiforme, vieilles de plus de 3 500 ans ; la tablette BM 13901, par exemple, en contient toute une série, traités par une procédure proche de la complétion du carré. Euclide, vers 300 avant notre ère, donne des constructions géométriques équivalentes.

En Inde, Brahmagupta décrit vers 628 une règle en mots qui revient à la formule pour l’une des racines. Au IXe siècle, al-Khwarizmi étudie systématiquement ces équations dans son Abrégé du calcul par la restauration et la comparaison, dont le mot al-jabr a donné « algèbre ». Il distingue six cas, avec des coefficients positifs, et justifie ses méthodes par des figures géométriques. Selon les historiens, une formule couvrant tous les cas n’apparaît qu’avec Simon Stevin, en 1594, et René Descartes publie en 1637, dans La Géométrie, une écriture proche de la nôtre. La notation Δ\Delta du discriminant est beaucoup plus récente.

Ce que montre l’affiche

Le dessin trace les paraboles y=x2−2x+cy = x^2 - 2x + c pour cc allant de −3-3 à 33 par pas de 12\frac{1}{2}. Trois d’entre elles sont en couleur : pour c=−3c = -3, Δ=16\Delta = 16 et la parabole coupe l’axe en −1-1 et 33 ; pour c=1c = 1, Δ=0\Delta = 0 et elle le touche en 11 ; pour c=3c = 3, Δ=−8\Delta = -8 et elle reste au-dessus. Les points posés sur l’axe sont les racines calculées par la formule pour chaque parabole ; ils se rapprochent de l’axe de symétrie x=−b2a=1x = -\frac{b}{2a} = 1, tracé en pointillés, jusqu’à se confondre quand Δ\Delta s’annule. L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.

Pour aller plus loin

Sources : Équation du second degré (Wikipédia) (nouvel onglet), Quadratic formula (Wikipedia) (nouvel onglet), Quadratic equation (Wikipedia) (nouvel onglet), Quadratic Equation (MathWorld) (nouvel onglet).

Vérifiée par le calcul

Les contrôles de cette formule

Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode

  • Δ > 0 : les deux valeurs de la formule annulent ax² + bx + c (10 000 trinômes tirés au hasard)résidu relatif maximal 1.34e-13
  • Δ > 0 : x₁ + x₂ = −b/a et x₁ x₂ = c/a (relations de Viète)écart relatif maximal 2.68e-13
  • calcul exact en entiers : pour a(x − p)(x − q), la formule rend exactement p et q (5 000 trinômes)
  • Δ = 0 : la formule donne x = −b/(2a), où le trinôme et sa dérivée s’annulent (2 000 cas)écart maximal 0
  • Δ < 0 : le trinôme garde le signe de a (minimum −Δ/(4a) atteint en −b/(2a)), donc aucune racine réelle
  • Δ < 0 : (−b ± i√(−Δ))/(2a) sont racines complexesrésidu relatif maximal 3.30e-16
  • x² − x − 1 = 0 : la racine positive est (1 + √5)/2obtenu 1.618033988749895, attendu 1.618033988749895, écart 0.00e+0 (tolérance 1e-15)
  • dessin : c = -3 → Δ = 16, racines -1 et 3 ; c = 1 → Δ = 0, racine double 1 ; c = 3 → Δ = -8, aucune racine
  • dessin : les racines tracées annulent leur trinôme (13 paraboles)
  • a ≠ 0 indispensable : 4x − 8 = 0 a pour solution 2, la formule divise par zéroformule : NaN, -Infinity

Sources

Questions fréquentes

Comment calculer le discriminant ?

Pour ax2+bx+c=0ax^2 + bx + c = 0, on calcule Δ=b2−4ac\Delta = b^2 - 4ac. Pour 2x2−4x−6=02x^2 - 4x - 6 = 0, Δ=16+48=64\Delta = 16 + 48 = 64.

Que faire si le discriminant est négatif ?

L’équation n’a alors aucune solution réelle et la parabole ne coupe pas l’axe des abscisses. Dans les nombres complexes, elle a deux solutions conjuguées −b±i−Δ2a\frac{-b \pm i\sqrt{-\Delta}}{2a}.

Qu’est-ce qu’une racine double ?

C’est la solution unique x0=−b2ax_0 = -\frac{b}{2a} obtenue quand Δ=0\Delta = 0 : le trinôme s’écrit alors a(x−x0)2a(x - x_0)^2 et la parabole touche l’axe en un seul point.

Faut-il toujours passer par le discriminant ?

Non. Si c=0c = 0, on factorise par xx ; si b=0b = 0, on isole x2x^2 ; si l’on reconnaît une identité remarquable, on factorise directement. Le discriminant marche dans tous les cas où a≠0a \neq 0.

Pourquoi faut-il que a soit différent de 0 ?

Si a=0a = 0, il ne reste que bx+c=0bx + c = 0, une équation du premier degré, et la formule divise par 2a=02a = 0. Par exemple 4x−8=04x - 8 = 0 a pour solution 22, que la formule ne peut pas donner.