Analyse · 4 affiches · formule n° 43
La dérivée
La dérivée de f en a est la limite du taux d’accroissement (f(a + h) − f(a))/h quand h tend vers 0. C’est la pente de la tangente à la courbe : elle mesure la vitesse à laquelle f varie au point a.
Quatre styles
Les affiches
La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.
Ce que dit la formule
Soit une fonction définie sur un intervalle ouvert contenant le réel . On dit que est dérivable en si le quotient ci-dessous a une limite finie quand tend vers 0, et cette limite est le nombre dérivé de en :
- est un petit écart, positif ou négatif, mais jamais nul : le quotient n’est pas défini pour , d’où le passage à la limite.
- est la variation de quand on passe de à .
- Le quotient est le taux d’accroissement de entre et . C’est la pente de la sécante, la droite qui passe par les points de la courbe d’abscisses et .
- signifie que l’on regarde vers quelle valeur s’approche ce quotient quand devient aussi proche de 0 qu’on le veut, des deux côtés.
- , qui se lit « f prime de a », est alors la pente de la tangente à la courbe au point d’abscisse . Cette tangente a pour équation .
Si la limite n’existe pas, ou si elle est infinie, n’est pas dérivable en . Quand est dérivable en tout point d’un intervalle, la fonction est la fonction dérivée de .
Un exemple
Prenons et , comme sur l’affiche. Pour :
Les pentes des sécantes valent donc exactement :
- : ;
- : ;
- : ;
- : ;
- : ;
- : .
Avec des négatifs, on s’approche de l’autre côté : donne , donne . Dans les deux cas, tend vers 2 quand tend vers 0, donc . La tangente au point a pour équation , soit .
Le même calcul en un point quelconque donne , d’où : la dérivée de est .
Autre exemple, où la limite ne se lit pas aussi directement : pour en , le taux d’accroissement vaut environ pour , pour , pour , et tend vers .
Pourquoi c’est vrai
La formule est une définition : elle dit ce que l’on appelle dérivée. Ce qui demande une justification, c’est qu’elle donne bien la pente de la tangente, et qu’elle mérite son interprétation.
La tangente comme position limite des sécantes. Toutes les sécantes passent par le point . Quand tend vers 0, le second point glisse le long de la courbe vers , et la sécante pivote autour de . Si sa pente a une limite finie, la droite passant par avec cette pente est la position limite des sécantes : c’est ainsi que l’on définit la tangente. Pour la parabole, la sécante de pente se rapproche de la droite .
La meilleure approximation affine. On peut réécrire la définition : est dérivable en si et seulement si
Près de , la courbe se confond avec sa tangente, à une erreur près qui devient négligeable devant . Pour en 1, l’erreur vaut exactement .
Vitesse de convergence. Pour une fonction deux fois dérivable, l’écart entre le taux d’accroissement et est de l’ordre de : il vaut environ . Pour , il vaut exactement . C’est pourquoi, en calcul numérique, on préfère souvent le quotient symétrique , dont l’erreur est de l’ordre de .
Un contre-exemple. La fonction valeur absolue n’est pas dérivable en 0 : vaut pour et pour . Les deux pentes ne se rejoignent pas, la courbe a un angle, et il n’y a pas de limite. Une fonction peut donc être continue sans être dérivable ; en revanche, toute fonction dérivable en est continue en .
Un peu d’histoire
Des méthodes pour trouver tangentes et extremums existent avant le calcul différentiel, notamment chez Pierre de Fermat et Isaac Barrow au XVIIe siècle. Isaac Newton développe son calcul des « fluxions » en 1665 et 1666, mais son traité n’est publié qu’en 1736. Gottfried Wilhelm Leibniz publie le premier exposé du calcul différentiel en octobre 1684, dans la revue Acta Eruditorum, sous le titre Nova methodus pro maximis et minimis ; la querelle de priorité entre les deux hommes est restée célèbre.
À la fin du XVIIIe siècle, Joseph-Louis Lagrange introduit la notation et le nom de « dérivée ». La définition par une limite, telle qu’elle est écrite ici, devient le fondement de l’analyse au XIXe siècle : Augustin-Louis Cauchy place les limites au centre de son Cours d’analyse de 1821, et Karl Weierstrass en donne vers 1861 la formulation rigoureuse « epsilon-delta » encore utilisée aujourd’hui.
Ce que montre l’affiche
La courbe de , le point d’abscisse 1, et les cinq sécantes issues de pour ; ; ; ; , avec leurs seconds points marqués sur la courbe. Leur couleur change progressivement à mesure que diminue, et elles se resserrent sur la tangente, tracée en tirets. Pour la plus grande sécante, l’écart horizontal et la variation verticale sont indiqués en pointillés. Un tableau, en haut à gauche, donne les pentes calculées par le programme : , , , , , puis la limite . L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.
Pour aller plus loin
- Le théorème fondamental de l’analyse, qui relie la dérivée et l’intégrale.
- Le nombre e, seule base pour laquelle l’exponentielle est sa propre dérivée.
- L’équation de la chaleur, une équation écrite avec des dérivées.
- Dérivée sur Wikipédia (nouvel onglet) et Derivative sur Wolfram MathWorld (nouvel onglet), en anglais.
Vérifiée par le calcul
Les contrôles de cette formule
Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode
- sin en 0,7 : le quotient tend vers la dérivée exacte (h = 10⁻¹ … 10⁻⁶) et l’erreur divisée par h tend vers f″(a)/2erreurs 3.3e-2 ; 3.2e-3 ; 3.2e-4 ; 3.2e-5 ; 3.2e-6 ; 3.2e-7 ; erreur/h = -0.32212 contre -0.32211
- exp en 0,3 : le quotient tend vers la dérivée exacte (h = 10⁻¹ … 10⁻⁶) et l’erreur divisée par h tend vers f″(a)/2erreurs 7.0e-2 ; 6.8e-3 ; 6.8e-4 ; 6.7e-5 ; 6.7e-6 ; 6.7e-7 ; erreur/h = 0.67495 contre 0.67493
- x³ en 1,2 : le quotient tend vers la dérivée exacte (h = 10⁻¹ … 10⁻⁶) et l’erreur divisée par h tend vers f″(a)/2erreurs 3.7e-1 ; 3.6e-2 ; 3.6e-3 ; 3.6e-4 ; 3.6e-5 ; 3.6e-6 ; erreur/h = 3.60010 contre 3.60000
- ln en 2 : le quotient tend vers la dérivée exacte (h = 10⁻¹ … 10⁻⁶) et l’erreur divisée par h tend vers f″(a)/2erreurs 1.2e-2 ; 1.2e-3 ; 1.2e-4 ; 1.2e-5 ; 1.2e-6 ; 1.2e-7 ; erreur/h = -0.12500 contre -0.12500
- √x en 4 : le quotient tend vers la dérivée exacte (h = 10⁻¹ … 10⁻⁶) et l’erreur divisée par h tend vers f″(a)/2erreurs 1.5e-3 ; 1.6e-4 ; 1.6e-5 ; 1.6e-6 ; 1.6e-7 ; 1.6e-8 ; erreur/h = -0.01562 contre -0.01563
- 1/x en 0,5 : le quotient tend vers la dérivée exacte (h = 10⁻¹ … 10⁻⁶) et l’erreur divisée par h tend vers f″(a)/2erreurs 6.7e-1 ; 7.8e-2 ; 8.0e-3 ; 8.0e-4 ; 8.0e-5 ; 8.0e-6 ; erreur/h = 7.99840 contre 8.00000
- dessin : pour f(x) = x² en 1, pentes des sécantes = 2 + h (h = 1.5 ; 1 ; 0.5 ; 0.25 ; 0.1)
- contre-exemple : |x| en 0, quotient = +1 pour h > 0 et −1 pour h < 0, pas de limite
Sources
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la dérivée d’une fonction en un point ?
C’est la limite, quand h tend vers 0, du taux d’accroissement (f(a + h) − f(a))/h, si cette limite existe et est finie. Géométriquement, c’est la pente de la tangente à la courbe au point d’abscisse a.
Comment calculer un nombre dérivé avec la définition ?
On calcule le taux d’accroissement, on le simplifie pour h non nul, puis on fait tendre h vers 0. Pour f(x) = x² en 1, le taux vaut 2 + h, donc f′(1) = 2.
Quelle est l’équation de la tangente ?
La tangente à la courbe de f au point d’abscisse a a pour équation y = f(a) + f′(a)(x − a). Pour x² en 1, on obtient y = 2x − 1.
Une fonction continue est-elle toujours dérivable ?
Non. La valeur absolue est continue en 0 mais n’y est pas dérivable : le taux d’accroissement vaut 1 à droite et −1 à gauche. À l’inverse, une fonction dérivable en un point y est toujours continue.
Que représente la dérivée en physique ?
Une vitesse de variation. Si x(t) est la position d’un mobile à l’instant t, la dérivée x′(t) est sa vitesse instantanée, limite des vitesses moyennes sur des intervalles de temps de plus en plus courts.



