Nombres · 4 affiches · formule n° 12
Le triangle de Pascal
Dans le triangle de Pascal, chaque nombre, hormis les 1 des bords, est la somme des deux nombres placés juste au-dessus de lui. Ces nombres comptent les façons de choisir k objets parmi n et donnent les coefficients du développement de (a + b)^n.
Quatre styles
Les affiches
La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.
Ce que dit la formule
La formule est la règle de construction du triangle. Pour tous les entiers et tels que :
- est le numéro de la ligne, en commençant à pour la ligne du sommet.
- est la position dans la ligne, en commençant à à gauche ; la ligne contient nombres, de à .
- , qui se lit « parmi », est le coefficient binomial : le nombre de façons de choisir objets parmi objets distincts, sans tenir compte de l’ordre. Il vaut , où et .
- Les bords du triangle valent : (il y a une seule façon de ne rien choisir, et une seule de tout prendre). La condition (qui suppose ) exclut justement ces bords, au-dessus desquels il n’y a qu’un seul voisin.
En plaçant chaque ligne sous la précédente, décalée d’un demi-cran, chaque nombre se trouve entre les deux nombres dont il est la somme. Le triangle est symétrique : , car choisir les objets que l’on prend revient à choisir les que l’on laisse.
Un exemple
Voici les huit premières lignes, de à :
Prenons et . La règle donne . On retrouve bien : il y a façons de choisir personnes dans un groupe de .
La ligne donne aussi les coefficients du développement de :
Enfin, la somme des nombres de la ligne vaut : par exemple . C’est le nombre total de façons de choisir une partie quelconque d’un ensemble de objets.
Le triangle sert aussi en probabilités. Lançons fois une pièce équilibrée : il y a suites de résultats possibles, toutes également probables, et d’entre elles comportent exactement « pile ». La probabilité d’obtenir exactement « pile » vaut donc , soit moins d’une chance sur quatre.
Pourquoi c’est vrai
Prenons objets, et choisissons-en , avec . Mettons à part l’un des objets, appelons-le . Deux cas, qui ne se recouvrent pas, sont possibles :
- fait partie du choix : il reste à choisir objets parmi les autres, ce qui fait possibilités ;
- n’en fait pas partie : il faut choisir les objets parmi les autres, soit possibilités.
En additionnant les deux cas, on obtient exactement .
Le lien avec le développement de (la formule du binôme) se démontre de la même manière. On écrit : le terme en provient soit d’un multiplié par le terme en de , soit d’un multiplié par le terme en . Les coefficients obéissent donc à la même règle, avec les mêmes bords égaux à : ce sont les nombres du triangle. D’où, pour tout entier ,
Un peu d’histoire
Le triangle porte le nom de Blaise Pascal, mais il était connu bien avant lui, dans plusieurs régions du monde.
- En Inde, les études de métrique sanskrite comptaient les combinaisons de syllabes ; au Xe siècle, le commentateur Halayudha décrit une construction équivalente au triangle.
- Dans le monde persan et arabe, al-Karaji (953-1029) en donne une description dans un ouvrage aujourd’hui perdu, connu par des auteurs postérieurs. Omar Khayyam (XIe siècle) s’en sert pour extraire des racines ; en Iran, on parle encore du triangle de Khayyam.
- En Chine, Yang Hui le présente en 1261 et l’attribue à Jia Xian, mathématicien du XIe siècle ; Zhu Shijie le reprend en 1303. En Chine, on parle du triangle de Yang Hui.
- En Europe, Petrus Apianus le publie en 1527 sur la page de titre d’un ouvrage d’arithmétique ; Michael Stifel et Niccolò Tartaglia l’étudient ensuite. En Italie, on parle du triangle de Tartaglia.
Pascal lui consacre son Traité du triangle arithmétique, imprimé en 1654 mais diffusé seulement en 1665, après sa mort survenue en 1662. Il y démontre de nombreuses propriétés en utilisant un raisonnement par récurrence très abouti, et s’en sert pour résoudre des problèmes de probabilités. Le nom de « triangle de Pascal » s’impose ensuite : Pierre Rémond de Montmort parle de la table de M. Pascal en 1708, et Abraham de Moivre l’appelle Triangulum Arithmeticum Pascalianum en 1730.
Quant au « binôme de Newton », il porte ce nom parce qu’Isaac Newton a étendu la formule, dans les années 1660, à des exposants qui ne sont pas des entiers naturels ; pour les exposants entiers, elle était connue bien avant lui.
Ce que montre l’affiche
Le dessin montre les premières lignes du triangle, de à , soit nombres, calculées par le programme avec la seule règle de la formule (en ne gardant que le reste dans la division par , qui suffit pour savoir si un nombre est pair ou impair). Les nombres impairs sont en couleur, en deux teintes selon le reste dans la division par ; les nombres pairs restent pâles. Les nombres impairs dessinent un triangle de Sierpiński, la figure fractale décrite par Wacław Sierpiński en 1915 : dans les premières lignes, on compte exactement nombres impairs, ici . L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.
Pour aller plus loin
- La suite de Fibonacci : en additionnant les nombres du triangle le long de diagonales peu inclinées, on obtient ses termes, par exemple .
- La loi normale, vers laquelle tendent les lignes du triangle, une fois remises à l’échelle, quand grandit.
- Les nombres premiers : si est premier, tous les nombres de la ligne , sauf les deux des bords, sont divisibles par .
Vérifiée par le calcul
Les contrôles de cette formule
Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode
- la règle donne n!/(k!(n−k)!) pour toutes les lignes jusqu’à n = 80
Sources
Questions fréquentes
Comment construire le triangle de Pascal ?
On écrit au sommet, puis chaque ligne commence et finit par . Chaque autre nombre est la somme des deux nombres situés juste au-dessus de lui, à gauche et à droite.
À quoi sert le triangle de Pascal ?
Il donne les coefficients binomiaux , qui comptent les façons de choisir objets parmi . On s’en sert pour développer , pour dénombrer et pour calculer des probabilités, par exemple celles d’obtenir fois pile en lancers d’une pièce.
Pourquoi la somme d’une ligne du triangle de Pascal vaut-elle 2^n ?
La ligne compte, pour chaque , les parties à éléments d’un ensemble de objets ; leur somme compte donc toutes les parties. Or chaque objet est pris ou non, ce qui fait possibilités.
Pascal a-t-il inventé le triangle de Pascal ?
Non. Le triangle était connu en Inde, dans le monde persan et arabe, en Chine et en Europe avant lui. Pascal en a fait une étude systématique, publiée en 1665, et son nom s’est imposé en Occident au XVIIIe siècle.
Quel est le lien avec le triangle de Sierpiński ?
Si l’on colore les nombres impairs du triangle de Pascal et que l’on laisse les pairs en blanc, on voit apparaître le triangle de Sierpiński. Plus on prend de lignes, plus la ressemblance est fidèle.



