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Physique · 4 affiches · formule n° 73

L’énergie cinétique

L’énergie cinétique est l’énergie qu’un corps possède du fait de son mouvement. Elle est proportionnelle à sa masse et au carré de sa vitesse : aller deux fois plus vite, c’est avoir quatre fois plus d’énergie.

Voir les 4 affiches 11 contrôles par le calcul

Corps de masse mm (kg) à la vitesse vv (m/s), petite devant celle de la lumière ; EcE_c en joules. Dessin : la hauteur de chute libre qui donne la même vitesse, h=v2/2gh = v^2/2g, de 3030 à 130130 km/h ; elle croît comme le carré de la vitesse.

Quatre styles

Les affiches

La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.

Ce que dit la formule

Un corps de masse mm qui se déplace en translation à la vitesse vv possède l’énergie cinétique

Ec=12mv2E_c = \frac{1}{2}\, m\, v^2
  • EcE_c : l’énergie cinétique, en joules (J). Un joule vaut un kilogramme mètre carré par seconde carrée : 1 J=1 kg⋅m2⋅s−21\ \mathrm{J} = 1\ \mathrm{kg \cdot m^2 \cdot s^{-2}}.
  • mm : la masse du corps, en kilogrammes (kg).
  • vv : la norme de sa vitesse, en mètres par seconde (m/s). Une vitesse en km/h se divise par 3,6 avant le calcul.

Les conditions. La formule vaut en mécanique classique, c’est-à-dire pour des vitesses petites devant celle de la lumière, et pour un corps en translation (tous ses points vont à la même vitesse). Un objet qui tourne sur lui-même possède en plus une énergie cinétique de rotation, qui se calcule avec son moment d’inertie.

La vitesse dépend du référentiel. Un passager assis dans un train a une énergie cinétique nulle par rapport au train, mais pas par rapport au quai. L’énergie cinétique n’a donc de sens qu’une fois le référentiel choisi.

Le carré change tout. Comme la vitesse est élevée au carré, l’énergie cinétique croît bien plus vite que la vitesse : à masse égale, doubler la vitesse multiplie l’énergie par 22=42^2 = 4, la tripler la multiplie par 9. L’énergie cinétique n’est jamais négative et ne dépend pas du sens du mouvement.

Un exemple

Une voiture. Prenons une voiture de 1 000 kg roulant à 50 km/h. On convertit d’abord la vitesse : v=50/3,6≈13,89v = 50 / 3{,}6 \approx 13{,}89 m/s. Alors

Ec=12×1000×(503,6)2≈96450 J,E_c = \frac{1}{2} \times 1\,000 \times \left(\frac{50}{3{,}6}\right)^2 \approx 96\,450\ \mathrm{J},

soit environ 96,5 kJ. À 100 km/h, la même voiture possède environ 385 802 J : exactement quatre fois plus. C’est cette énergie que les freins doivent dissiper, ce qui explique pourquoi la distance de freinage augmente beaucoup plus vite que la vitesse.

La chute équivalente. Un corps qui tombe sans frottement d’une hauteur hh transforme son énergie de position mghmgh en énergie cinétique : il arrive en bas avec 12mv2=mgh\frac{1}{2} m v^2 = mgh, donc h=v2/(2g)h = v^2/(2g). La masse disparaît du calcul. Avec la pesanteur normale g=9,80665g = 9{,}806\,65 m/s², rouler à 50 km/h revient à tomber d’environ 9,84 m, soit à peu près trois étages ; à 130 km/h, d’environ 66,49 m.

Un coureur de 70 kg qui court à 10 m/s (36 km/h) possède 12×70×102=3500\frac{1}{2} \times 70 \times 10^2 = 3\,500 J.

Pourquoi c’est vrai

L’énergie cinétique n’est pas une loi indépendante : elle se déduit de la deuxième loi de Newton et mesure le travail qu’il faut fournir pour mettre un corps en mouvement.

Le théorème de l’énergie cinétique. Prenons un mouvement en ligne droite, le long d’un axe, sous une force FF (qui peut varier). La deuxième loi de Newton donne mdvdt=Fm\, \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = F. Multiplions les deux membres par v=dxdtv = \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} :

mvdvdt=ddt(12mv2)=Fdxdt.m\, v\, \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\left(\frac{1}{2}\, m\, v^2\right) = F\, \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t}.

En intégrant entre deux instants, on obtient

12mvB2−12mvA2=∫xAxBFdx=W.\frac{1}{2}\, m\, v_B^2 - \frac{1}{2}\, m\, v_A^2 = \int_{x_A}^{x_B} F\, \mathrm{d}x = W.

La variation de l’énergie cinétique est égale au travail WW de la force. Pour un corps parti du repos, le travail fourni vaut donc exactement 12mv2\frac{1}{2} m v^2 : le facteur 12\frac{1}{2} vient de l’intégration de vv. Le même raisonnement vaut en trois dimensions, avec un produit scalaire, pour un corps de masse constante dans un référentiel galiléen.

La limite relativiste. En relativité restreinte, l’énergie cinétique vaut (γ−1)mc2(\gamma - 1)\, m c^2, où γ=1/1−v2/c2\gamma = 1/\sqrt{1 - v^2/c^2}. Pour vv petit devant cc, on a γ≈1+v22c2\gamma \approx 1 + \frac{v^2}{2c^2}, et l’on retrouve 12mv2\frac{1}{2} m v^2. À 30 km/s, la vitesse de la Terre autour du Soleil, l’écart entre les deux formules est d’environ 7,5×10−97{,}5 \times 10^{-9} en valeur relative. À la moitié de la vitesse de la lumière, la formule classique sous-estime l’énergie cinétique d’environ 19 % (la valeur exacte est environ 1,237 fois plus grande). Voir E = mc².

Un peu d’histoire

L’idée qu’un corps en mouvement porte une « force » proportionnelle à mv2mv^2 remonte à Gottfried Wilhelm Leibniz, qui l’appelait vis viva (force vive), à la fin du XVIIe siècle ; elle a été reprise notamment par Jean Bernoulli. Elle s’opposait à l’idée, défendue par les cartésiens, que la bonne mesure était la quantité de mouvement mvmv. Le débat a duré des décennies : les deux grandeurs sont utiles, mais elles ne disent pas la même chose.

En 1722, Willem ’s Gravesande laisse tomber des masses dans de l’argile et constate que la profondeur de l’empreinte est proportionnelle au carré de la vitesse d’impact, et non à la vitesse elle-même. Émilie du Châtelet comprend la portée de cette expérience et en publie une explication en faveur de mv2mv^2.

Le facteur 12\frac{1}{2} et le lien avec le travail s’imposent au XIXe siècle : Gaspard-Gustave Coriolis publie en 1829 Du calcul de l’effet des machines, où il pose les bases mathématiques de cette notion. L’expression « énergie cinétique » (kinetic energy) est attribuée à William Thomson, futur Lord Kelvin, vers 1849-1851.

Ce que montre l’affiche

Le dessin traduit l’énergie cinétique en hauteur de chute. Pour six vitesses routières, de 30 à 130 km/h, chaque colonne a la hauteur h=v2/(2g)h = v^2/(2g) d’où il faudrait tomber, sans frottement de l’air, pour atteindre cette vitesse : environ 3,5 m à 30 km/h, 9,8 m à 50 km/h et 66,5 m à 130 km/h (valeurs arrondies au dixième). La courbe qui passe par le sommet des colonnes est une parabole : elle montre que l’énergie croît comme le carré de la vitesse. Le programme écrit pour l’atelier vérifie aussi, en simulant chaque chute pas à pas, qu’on retrouve bien la vitesse de départ. Sous la formule, la ligne de calcul donne l’énergie d’une voiture de 1 000 kg à 50 km/h. L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.

Pour aller plus loin

Sources : Énergie cinétique (Wikipédia) (nouvel onglet), Kinetic energy (Wikipedia) (nouvel onglet), Kinetic energy (Encyclopædia Britannica) (nouvel onglet), Feynman Lectures on Physics, vol. I, chap. 13 (nouvel onglet), Standard gravity (Wikipedia) (nouvel onglet).

Vérifiée par le calcul

Les contrôles de cette formule

Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode

  • dimensions : [½ m v²] = joule (kg·m²·s⁻²)[2,1,-2,0,0] contre [2,1,-2,0,0] (m, kg, s, A, K)
  • dimensions : joule = newton × mètre[2,1,-2,0,0] contre [2,1,-2,0,0] (m, kg, s, A, K)
  • théorème de l’énergie cinétique : Δ(½mv²) = travail de la force (200 forces variables tirées au hasard)écart relatif maximal 1.97e-11
  • dessin : une chute libre de h = v²/2g, calculée pas à pas, finit à la vitesse v (30 à 130 km/h)écart relatif maximal 1.60e-9
  • dessin : 50 km/h ↔ chute de 9,83 mobtenu 9.835225819617364, attendu 9.833, écart 2.26e-4 (tolérance 0.001)
  • dessin : 130 km/h ↔ chute de 66,49 mobtenu 66.48612654061337, attendu 66.49, écart 5.83e-5 (tolérance 0.001)
  • vitesse doublée, énergie quadruplée : E(130 km/h)/E(65 km/h) = 4obtenu 4, attendu 4, écart 0.00e+0 (tolérance 1e-14)
  • exemple : 1 000 kg à 50 km/h → 96 450,6 Jobtenu 96450.61728395062, attendu 96450.6172839506, écart 1.51e-16 (tolérance 1e-12)
  • faible vitesse (30 km/s, la Terre autour du Soleil) : (γ − 1)mc² = ½mv² à 10⁻⁸ prèsobtenu 450000003.3796746, attendu 450000000, écart 7.51e-9 (tolérance 1e-8)
  • contre-exemple : à v = c/2, ½mv² sous-estime l’énergie cinétique de plus de 20 %(γ − 1)mc² / ½mv² = 1.2376
  • dessin : étiquettes calculées3{,}5 ; 9{,}8 ; 19{,}3 ; 31{,}9 ; 47{,}6 ; 66{,}5

Sources

Questions fréquentes

Quelle est la formule de l’énergie cinétique ?

Ec = ½ m v², avec m la masse en kilogrammes, v la vitesse en mètres par seconde et Ec en joules. Elle vaut pour des vitesses petites devant celle de la lumière.

Quelle est l’unité de l’énergie cinétique ?

Le joule (J), qui vaut 1 kg·m²/s². Pour des énergies plus grandes, on utilise le kilojoule (1 kJ = 1 000 J).

Pourquoi y a-t-il un ½ dans la formule ?

Il vient du calcul du travail nécessaire pour mettre un corps en mouvement : en intégrant m v dv entre 0 et v, on obtient ½ m v². C’est le théorème de l’énergie cinétique.

Que se passe-t-il si la vitesse double ?

L’énergie cinétique est multipliée par quatre, car la vitesse est élevée au carré. Une voiture à 100 km/h a quatre fois plus d’énergie qu’à 50 km/h.

L’énergie cinétique peut-elle être négative ?

Non. La masse est positive et le carré de la vitesse aussi : l’énergie cinétique est positive, ou nulle pour un corps immobile dans le référentiel choisi.